C'est en Bretagne que l'on trouve le plus de comités de jumelage et d'associations de solidarité internationale. C'est en Bretagne aussi que le Front National fait son plus faible score. La déconfiture de l'extrême-droite française en Bretagne peut-elle booster l'extrême-droite bretonne, c'est à dire Adsav ? Probablement pas. Par contre, Adsav peut tromper des Bretons sincères qui voudraient tout simplement défendre la Bretagne. Et cela mérite une mise au point. Les slogans d'Adsav les plus diffusés dans les villes et sur les voies express sont: " Pas de mosquée en Bretagne" ou "La Bretagne aux Bretons". Quelle est la différence entre : " Pas de mosquée en France" ou "La France aux Français" ? Aucune! On y retrouve la même confusion entre nation et ethnisation, avec son corolaire la xénophobie. Pour Adsav, l'âge d'or du mouvement breton se situe entre les deux guerres du début du 20ème siècle. La suite ne serait que décadence due notamment au mouvement de mai 68.

Les partisans de la droite nationaliste bretonne, comme ils se nomment eux-mêmes, font une fixation anti-française, comme s'ils menaient toujours, et seuls contre tous, une guerre héroïque contre la France. Il n'ont pas vu, par aveuglement ou par mépris, le formidable mouvement de réappropriation des Bretons de leur culture et de leur dignité depuis les années 70. Dans un esprit d'émancipation justement, sans rien attendre d'autre de Paris ! Même s'il reste bien évidemment beaucoup de chemin à faire.

Changement de stratégie. Adsav s'est rendu compte de l'impasse dans lequel il s'enfermait. En mars 2008, il a présenté six candidats aux cantonales. Bien évidemment, à chaque fois, leurs professions de foi, très édulcorées, ne permettaient pas à l'électeur non-averti de déceler leur fondamentaux d'extrême-droite. En toute bonne foi, des Bretons ont pu leur apporter leurs voix pensant tout simplement défendre la Bretagne.

Le Pays de Redon, lui, ne sera pas dupe. Déjà, les associations bretonnes ont dû réagir vivement en 2001 pour dénoncer tout amalgame. La fête populaire de Ballon à Bains-sur-Oust, soutenue par la municipalité, l'Office municipal de la Culture et portée par les associations de pays, a dû être abandonnée suite aux harcèlements répétés des membres d'Adsav. Nous n'allons pas maintenant laisser détruire l'image positive de notre identité bretonne à Redon. Notre identité s'appuie sur des valeurs démocratiques et d'ouverture, en phase avec l'émancipation des sociétés modernes. Le bégaiement de l'Histoire ne nous intéresse pas. Pas une voix pour Adsav! Non à l'extrême-droite bretonne à Redon ! J'invite celles et ceux pour qui la Bretagne porte en soi des valeurs sociales et culturelles profondes à soutenir ma candidature aux élections cantonales du 7 juin prochain.